Retour sur une période de travaux parlementaires très chargée
Par Marie-Joëlle Carbonneau, Olivier Côté, François Gagnon, André-Yanne Parent et Ludovic Soucisse
Boursiers stagiaires 2011-2012
20 janvier 2012
Rigueur, passion et authenticité
Par Marie-Joëlle Carbonneau
Quand je pense à mon automne, je pense aux mots « génial », « formidable », « wow » ! Chaque jour, j’ai appris et découvert un peu mieux l’univers politique. J’ai tout aimé, mais ce qui m’a le plus marquée et apporté à tous les points de vue, c’est mon jumelage avec la députée de Joliette, Mme Véronique Hivon. Elle-même a été stagiaire de la Fondation il y a plusieurs années. Elle m’a fait découvrir de A à Z la vie de députée. Ainsi, je l’ai suivie dans la majorité de ses rencontres. Je l’ai accompagnée à la Commission des Institutions pour deux projets de loi et j’ai eu le privilège d’assister aux séances de travail à huis clos de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité.
Je lui ai également préparé des revues de presse pour les périodes de questions. Autre expérience, j’ai rédigé des allocutions, des communiqués de presse, des synthèses et des rapports. De plus, je suis allée en circonscription trois fois où j’ai pris connaissance de revendications citoyennes, de besoins criants, mais aussi de projets stimulants pour la région de Lanaudière. Cela m’a permis de côtoyer une équipe de circonscription dynamique. Surtout, j’ai eu l’immense plaisir de travailler aux côtés d’une femme réellement inspirante par sa rigueur, sa passion et son authenticité. Merci à Mm Hivon pour tous ces beaux moments et merci à la Fondation de nous permettre de vivre cette expérience incroyable !
Surfer sur la vague
Par Olivier Côté
Dès le 27 septembre, avant mon jumelage, j’assiste avec intérêt, en compagnie de mes collègues boursiers stagiaires, au témoignage, devant la Commission de l’administration publique de M. Jacques Duchesneau, alors chef de l’Unité anticollusion, au salon bleu de l’Assemblée nationale. Dans l’opposition, M. Nicolas Girard, le député avec lequel je serai jumelé prochainement, se démarque. Déjà, j’anticipe le meilleur pour mon stage. Dès le 4 octobre, M. Girard me charge de quelques dossiers sur les transports. Dans la semaine du 10 octobre, je prends la pleine mesure de l’aspect captivant de mon stage. À Montréal, les membres du bureau de circonscription de mon député m’accueillent à bras ouverts. Tout au long de la session, David Pagé, David Dinelle, Sonia Goulet et Paul Bérard mettent à profit ma présence pour me confier l’écriture de lettres, d’infolettres, etc., mais je profite aussi de la leur pour apprendre les rudiments du travail en circonscription.
Je peux également voir mon député dans son travail quotidien: rencontres avec des citoyens, tournée auprès des médias, remise d’un prix dans une école primaire de Rosemont-La-Petite-Patrie; dîner de Noël dans un club social, puis rencontres avec des organismes communautaires. De retour à Québec, le rythme s’accélère encore: rédaction de questions sur des dossiers « chauds ». La période de questions et réponses orales et les conférences de presse ajoutent à la fébrilité ambiante. Tout cela est entremêlé d’interventions en commission parlementaire. Bref, je ne fais que suivre la vague parlementaire, qui prend parfois l’apparence d’un tsunami, en étant bercé par le profond dévouement et l’humanité de mon député et des personnes de son entourage. À la toute fin, pour ma plus grande joie, je surfe sur cette vague. J’espère bien, à la prochaine session, hisser la grand-voile et maîtriser cette mer parlementaire qui possède encore, pour moi, moult mystères.
Au fil des rencontres
Par François Gagnon
François avec le député de Charlesbourg. |
Aux côtés de mon député, M. Michel Pigeon (Charlesbourg), j’ai travaillé à divers projets aussi intéressantsque variés. Je l’ai accompagné dans ses activités d’adjoint parlementaire à la ministre de l’Éducation, des Loisirs et du Sport, ainsi qu’à un comité de suivi de l’implantation de l’anglais intensif au primaire. Cela m’a permis d’ouvrir les yeux sur une très encourageante collaboration entre les acteurs du milieu. On voit que l’action de la fonction publique est concertée et relativement rapide et efficace.
Tout l’automne, j’ai senti que j’étais le bienvenu partout où M. Pigeon m’a emmené. En lui, j’ai découvert un député pour qui les rencontres sont un vrai plaisir, les discussions, toujours appréciées et le goût d’enseigner les rouages de son métier, toujours vif. Durant mon jumelage, j’ai aussi pu découvrir une équipe politique (à Charlesbourg et sur la colline Parlementaire) dévouée et compétente. Ayant bénéficié de formations dans plusieurs organismes publics, ceux-ci gèrent non seulement les activités du député en l’informant et en le préparant, mais travaillent aussi sur environ 250 dossiers de citoyens par année. Bref, ce fût une expérience très enrichissante !
Prendre le train en marche
Par André-Yanne Parent
Le 28 septembre marque le début de mon jumelage avec le député de La Prairie, M. François Rebello. Alors que je lui annonçais mon intention de collaborer avec lui, il me proposait déjà de venir le rencontrer à son bureau pour discuter des dossiers qu’il allait me confier. Recherche sur la réglementation internationale, ontarienne et américaine des marchés financiers; rédaction de communiqués de presse; travail sur des dossiers de circonscription… Ce ne sont que quelques-uns des sujets sur lesquels j’ai dû me pencher. Immédiatement, j’ai compris qu’un stage avec M.Rebello ne signifiait pas préparer des cafés et faire des photocopies ! Jamais je n’ai appris autant en si peu de temps sur une telle diversité de sujets.
J’ai aussi participé au travail de terrain avec la communauté, fait des recherches basées sur des travaux d’experts et contribué au travail législatif en commission, ce qui exige un savant équilibre. Ce qui m’a le plus marquée est sans aucun doute la gestion du temps, omniprésente dans la préparation des questions posées devant l’Assemblée, la rédaction d’amendements en commission ou l’organisation des rendez-vous. Ce sentiment d’urgence permanent était tour à tour stressant et grisant. Je remercie chaleureusement Mireille, Martin et Louise, qui m’ont servi de mentors et considérée comme membre à part entière de leur équipe. Leur générosité, leur confiance et leur solidarité ont donné une saveur unique à ce stage. J’estime avoir eu une chance incroyable de côtoyer M. Rebello ces derniers mois et de l’accompagner partout où il allait. Grâce à lui, j’ai pu sortir de ma zone de confort d’anthropologue et découvrir en profondeur le quotidien d’un député. Sans que je le réalise complètement, j’ai pris le train en marche et je peux vous assurer qu’il s’agissait bien d’un TGV.
Un automne en trois temps
Par Ludovic Soucisse
Au terme de cette période de travaux parlementaires où j’ai eu la chance d’assister le député de Lac-Saint-Jean, M. Alexandre Cloutier, le bilan qu’il convient d’en faire se décline en trois volets: l’adaptation, la rapidité et la confiance.
Adaptation
La vie politique québécoise est complexe et requiert une capacité d’adaptation assez particulière. Il nous faut nous adapter pour donner le meilleur de nous-mêmes dans chaque petite tâche que nous devons accomplir. Chaque matin, de nouveaux enjeux sont soulevés par l’actualité. Sans perdre de vue les projets de plus longue haleine qui sont structurants pour la définition de la pensée politique d’un groupe parlementaire ou d’un politicien, il faut être constamment prêt à relever les défis dont regorge le quotidien. L’écriture de questions, les rencontres annulées ou déplacées, la préparation d’entrevues et surtout les demandes de dernière minute nous font découvrir des habiletés que nous ne pensions pas avoir.
Rapidité
Le manque de temps est une constante dans le monde politique. Ces délais que nous croyons toujours impossibles à respecter sont souvent nos meilleurs alliés, comme quoi l’adrénaline a aussi des effets positifs. Les relations humaines sont aussi touchées par ce rythme effréné. Ainsi, les corridors sont plus souvent qu’autrement des lieux où la courtoisie fait place aux questions que le député nous pose et pour lesquelles il doit avoir une réponse immédiate. Ainsi, ce document qui nous a valu des heures supplémentaires quatre soirs la même semaine et que nous croyions pouvoir expliquer au député à l’aide d’un petit Power point (déformation scolaire), et bien c’est en marchant entre le troisième étage et le hall du Parlement que nous devons le lui résumer !
Confiance
Avant tout, c’est la confiance qui détermine la relation que nous pourrons avoir avec le député et son personnel politique. Sur ce plan, cette expérience a été extraordinaire, car, dès le départ, j’ai eu la chance d’être complètement intégré à l’équipe de M. Cloutier. C’est quelque chose d’assister à des réunions stratégiques, à des conversations privées ou même d’écrire un discours. La vraie rétribution vient toutefois quand on nous demande ce qu’on pense d’une situation particulière ou d’une rencontre qui vient d’avoir lieu. Lorsqu’on nous invite à faire partie de ceux qui peuvent, du moins pour quelques mois, influencer et nourrir la réflexion d’un député, nous réalisons que nous touchons alors à une facette de la politique que même l’étude approfondie des institutions parlementaires, du droit ou de la procédure ne peuvent nous apprendre.