ENTREVUES AVEC D'ANCIENS BOURSIERS STAGIAIRES

Entrevue avec Nicolas Fontaine
Nicolas Fontaine a été boursier stagiaire de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant en 2007-2008. Son expérience à l'Assemblée nationale lui a permis d'être jumelé avec des députés des différents partis politiques ainsi que d'accomplir une mission exploratoire en Roumanie, en compagnie de ses pairs. Nous l'avons rencontré afin qu'il nous fasse part de l'influence qu'a eue son expérience à l'Assemblée nationale sur son cheminement personnel et professionnel.
Quelles raisons vous ont motivé à poser votre candidature au programme de stages de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant ?
Je suis un idéaliste qui veut faire changer les situations d'intérêt collectif que je juge inacceptables. Pour autant qu'il y ait de la volonté, l'Assemblée nationale est un lieu où le mot « changement » peut prendre forme. Tant d'enjeux à résoudre… Je voulais donc mieux connaître ce mystérieux Parlement et les individus qui y travaillent, qui y mènent des luttes, qui vivent des victoires et des défaites et qui, à leur façon, aident à façonner le Québec.
Le stage de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant m'aura fourni un accès privilégié au Parlement et à ses acteurs clés. Cette connaissance de l'Assemblée nationale fera de moi un meilleur citoyen, mais également un meilleur agent de changement.
Au cours de votre séjour de dix mois à l'Assemblée nationale, quelles possibilités de formation, d'apprentissage et de perfectionnement professionnel se sont présentées à vous ?
Plusieurs possibilités d'apprentissage se sont présentées à moi, même si je suis biologiste de formation ! Pour le compte de mes députés, j'ai fait des recherches sur des thèmes environnementaux très reliés à mes champs d'intérêt : j'ai ainsi pu approfondir des sujets avec lesquels je travaillerai durant ma vie professionnelle. En fait, j'étais souvent en situation de conseil ou d'explications auprès des députés auxquels j'étais jumelé, possédant un bagage complémentaire à celui qu'ils avaient. L'Assemblée nationale n'est pas qu'un lieu où l'on fait de la stratégie politique, on y discute surtout de politiques publiques, ce qui concerne tous les citoyens, tous les corps professionnels.
Quels sont les faits saillants entourant vos jumelages auprès des parlementaires ?
J'ai particulièrement aimé l'implication que j'ai eue en commission parlementaire. Assister un député, en préparant des questions et en réfléchissant à la stratégie et aux propositions que le groupe parlementaire pourrait amener, me faisait sentir que j'avais un rôle concret à jouer. Je sentais que je pouvais influencer le déroulement des travaux, à ma façon. Ceci, pour un citoyen animé de convictions, est extrêmement encourageant. Les députés auxquels j'ai été jumelé étaient ouverts à mes suggestions.
Une autre situation que j'ai aimée a été le travail en circonscription. Je ne me doutais pas à quel point il était important, difficile et nécessitant un tact de tous les instants. Le contact direct avec les citoyens, faisant face à leurs demandes, donne un autre sens au travail de député, qui n'est pas montré à l'émission d'informations quotidienne. Ce travail m'a aussi plongé dans l'univers de la fonction publique, pour y découvrir les programmes, les serviteurs de l'État et finalement, l'aboutissement du travail législatif : les politiques publiques.
Parlez-nous du moment le plus marquant de votre passage à l'Assemblée nationale ?
En compagnie de mes quatre collègues stagiaires, qui sont devenus rapidement de véritables amis, j'ai réalisé une mission en Roumanie. Partis comparer le parlementarisme roumain avec le nôtre, nous avons vécu une immersion privilégiée dans le système démocratique roumain et dans la société roumaine dans son ensemble : programme des plus stimulants et riche d'apprentissage ! Les contacts avec les Roumains ont été authentiques, nous nous sentions de véritables représentants du Québec. La réflexion sur la démocratie a été poussée plus loin en nous offrant de nouvelles perspectives. Hautement tripatif !
Avec le recul, quel est l'apport de ce stage dans votre cheminement professionnel ?
Tellement de sourcils se sont soulevés lorsqu'au Parlement, je disais que j'avais une formation de biologiste ! Pourtant, j'ai eu l'impression d'acquérir des compétences qui me serviront tout au long de ma vie professionnelle. En tant que biologiste, j'aurai à travailler, d'une façon ou d'une autre, avec le patrimoine biologique qui appartient à tout le monde. N'avons-nous pas là un domaine où l'Assemblée nationale aura, à un moment ou à un autre, son mot à dire ? L'Assemblée nationale traite de tous les enjeux, ses travaux concernent tout le monde ! Il est possible que j'aie à réaliser des études d'impacts environnementaux, par exemple. Après avoir fait le stage de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant, je comprends mieux comment mon député pourrait m'aider à les faire accepter, puis adopter par les pouvoirs concernés.
Pourquoi recommanderiez-vous aux étudiants de s'inscrire au programme de stages parlementaires de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant ?
Les finissants universitaires, quel que soit leur domaine, sont des citoyens dont les intérêts sont débattus à l'Assemblée nationale. Qu'ils se destinent ou non à une carrière dans les affaires publiques (politique, journalisme, fonction publique, société civile, etc.), je ne doute pas qu'ils acquerront durant le stage un vaste éventail de compétences et connaissances qui leur seront utiles tout au long de leur vie professionnelle.
Côtoyer les vrais acteurs dans leur milieu de travail en ayant soi-même un rôle à jouer, des responsabilités réelles auprès d'élus (surtout lorsqu'il s'agit d'élus de deux formations politiques différentes), c'est une expérience unique et tellement formatrice ! Tellement de projets se jouent au Parlement !
Ils ne pourront pas retrouver quoi que ce soit de semblable ailleurs!
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