Mission Ottawa, deuxième partie

Par André-Yanne Parent, boursière stagiaire 2011-2012
21 novembre 2011

La journée du 2 novembre commence par un copieux déjeuner au restaurant parlementaire en compagnie de tous nos collègues stagiaires et de M. Garth Williams, directeur du programme de stages à Ottawa. C’est une occasion d’apprendre à mieux nous connaître et de saisir les particularités du programme de nos homologues.

À 9 h15, nous nous dirigeons vers le bureau de Mme Elizabeth May, chef du Parti vert du Canada. Mme May a pris un moment pour nous rencontrer malgré un agenda plus que chargé. Durant cet entretien, elle nous a parlé de son parcours personnel, de son idéal écologique et de sa déception de ne pas avoir pu participer au débat des chefs lors des dernières élections fédérales. Bien humblement, elle nous a avoué que le travail qu’elle fait n’est possible que grâce à la mobilisation au sein de son parti. En effet, son bureau compte une douzaine de bénévoles à temps plein !

Les boursiers stagiaires en compagnie du sénateur Serge Joyal
Les boursiers stagiaires et le sénateur Serge Joyal.

Nous traversons ensuite l’avenue Wellington pour pénétrer dans l’impressionnant bâtiment qui abrite la Banque du Canada. Le sous-gouverneur et membre du comité de direction de la Banque du Canada, M. Jean Boivin, nous attend accompagné de deux économistes, MM. Olivier Gervais et Louis Morel. Ils nous expliquent comment la Banque veille à la stabilité financière du pays et développe la politique monétaire du Canada en maintenant une cible de 2 % d’inflation par an. Ces informations nous amènent à discuter des stratégies que le Canada a développées pour répondre efficacement à la crise financière actuelle. Nous repartons en ayant le sentiment d’avoir de meilleurs outils pour comprendre le fonctionnement des marchés financiers et le rôle qu’y jouent les États.

Après un court dîner, nous retrouvons M. Roméo Saganash, député de la circonscription d'Abitibi_Baie-James_Nunavik_Eeyou et candidat à la chefferie du Nouveau Parti démocratique du Canada. Il nous présente son projet de réconciliation entre le respect des ressources et le développement économique, les autochtones et les canadiens, les francophones et les anglophones, l’Est et l’Ouest du Canada. Selon lui, le Nord jouera un rôle central dans l’avenir du Québec et du Canada et il faut s’interroger sur la façon dont il sera mis en valeur. Il est déjà 13 h 40, nous nous rendons donc en Chambre pour assister à la période de questions.

C’est une chose de savoir qu’il y a 307 députés à Ottawa, mais ça en est une autre de les voir tous rassemblés en Chambre ! Les échanges entre parlementaires nous apparaissent plus musclés qu’à Québec. À 15 h15, nous nous dirigeons vers le « scrum média » dans l’espoir d’y assister, mais nous apprenons que l’accès y est réservé uniquement aux journalistes. En revenant sur nos pas, nous croisons une jeune femme pressée : il s’agit de Jessica Bruno, journaliste au Hill Times, que nous avons rencontré la veille.

Les boursiers stagiaires et le député Thomas Mulcair
Les boursiers stagiaires et le député Thomas Mulcair.

Notre exploration de la Chambre des communes se poursuit par une rencontre avec M. Marc Garneau, député de Westmount_Ville-Marie. Face au premier astronaute canadien, nous tentons de ne pas être trop intimidés et l’interrogeons sur son rôle de leader du Parti libéral du Canada. S’assurer que les députés sont prêts à intervenir sur des questions en lien avec leurs dossiers et ce, de façon harmonieuse avec les valeurs du parti, est une fonction principale du leader. Ne disposant que de neuf questions d’une durée maximale de 35 secondes chacune, le deuxième groupe d’opposition dont fait partie M. Garneau affronte quotidiennement la contrainte du temps de parole en Chambre.

Nous découvrons ensuite les couloirs du Sénat, qui se distinguent par le tapis rouge qui en recouvre le sol. M. Charles Robert, greffier principal au Bureau de la procédure du Sénat, nous accueille dans son bureau qui recèle plusieurs trésors cachés. Très vite, la discussion se concentre sur le rôle du Sénat et l’importance de sa pérennité. Le débat bat son plein, mais nous devons nous hâter vers notre prochain rendez-vous.

M. Thomas Mulcair, député d’Outremont, signe la fin de notre journée. Il nous explique son double défi : chercher l’appui des membres du Nouveau Parti démocratique du Canada au Québec pour sa candidature dans la course à la chefferie et continuer de transmettre les valeurs véhiculées par M. Jack Layton en tant que groupe parlementaire formant l’opposition officielle à la Chambre des communes. Connaissant l’institution québécoise et l’institution fédérale, M. Mulcair nous dresse un portrait tout en nuances du rôle et du fonctionnement de chacune d’elles. Nos entretiens avec les députés fédéraux ont été complétés par une rencontre imprévue dans un ascenseur avec M. Bob Rae, député de Toronto-Centre et chef intérimaire du Parti libéral du Canada.

Les boursiers stagiaires en compagnie d'Emmanuelle Latraverse
Les boursiers stagiaires en compagnie d'Emmanuelle Latraverse.

Notre dernière journée dans la capitale fédérale a débuté par une rencontre avec le sénateur Serge Joyal dans le salon de la Francophonie. Bouches bées devant les tableaux et la décoration de la pièce, nous avons eu la chance d’entendre l’histoire de chaque oeuvre par leur donateur. Également donateur de plusieurs oeuvres de la salle des Premières-Nations, M. Joyal a partagé avec nous son amour pour l’art et sa dévotion au patrimoine culturel du Parlement.

À 10 h, nous nous rendons à l’ambassade des États-Unis à Ottawa. Nous quittons la colline parlementaire et après avoir passé l’important dispositif de sécurité, nous découvrons une équipe chaleureuse et accueillante, toute disposée à répondre à nos nombreuses questions. Le consul général des États-Unis à Montréal, M. Andrew C. Parker, également en visite, vient nous saluer et le conseiller responsable des affaires politiques, M. Samuel V. Brock, nous fait une courte présentation sur les relations entre le Canada et les États-Unis. Plusieurs d’entre nous repartent en ajoutant le travail en ambassade à leur plan de carrière potentiel !

Notre séjour tire à sa fin mais il nous reste encore une rencontre à faire. Nous nous dirigeons ainsi vers les bureaux de Radio-Canada pour une heure trépidante en compagnie de Mme Emmanuelle Latraverse, chef de bureau à Ottawa. Avec un esprit de synthèse remarquable, elle nous explique son parcours professionnel, le rôle du journalisme politique aujourd’hui et la notion de « temps » médiatique. Avant notre départ, elle nous fait découvrir les coulisses de la télévision nationale à Ottawa.

Les coups de coeur se sont multipliés au fil des rencontres. Chaque fois que nous passions la porte du bureau d’un député, d’un journaliste, d’un professeur ou d’un employé du Parlement, c’est tout un univers qui s’ouvrait à nous. Nous profitons de cette chronique pour remercier chaleureusement toutes les personnes qui ont pris le temps de nous rencontrer et de partager leur expérience. Le bilan est au-delà de nos attentes et les stagiaires de la Chambre des communes sont les artisans de ce succès. À tous, un grand merci. Ce sera bientôt notre tour de les accueillir et, incontestablement, la barre est haute !

 

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